Dès la naissance de mon premier enfant, j’ai fait un choix conscient : celui de renoncer aux gros mots. À cette époque, j’étais encore dans le monde. Je croyais en Dieu, mais en tant que catholique, je ne bénéficiais pas de l’enseignement nécessaire pour comprendre pleinement la portée spirituelle de certaines pratiques du quotidien.
Pourtant, une conviction profonde s’est imposée à moi : je ne pouvais pas demander à mes enfants de ne pas utiliser un langage que moi-même je continuais à employer. Même si je n’étais pas vulgaire, certains mots, souvent banalisés en début ou en fin de phrase, restaient présents dans mon vocabulaire. Je savais que ma crédibilité serait compromise. Mon choix a donc été radical.
Aujourd’hui, j’entends encore de nombreux chrétiens prononcer des expressions telles que « je suis mort de rire » ou « j’ai un péché mignon », comme si ces paroles étaient anodines. Pourtant, le péché n’est en rien mignon, et les mots que nous utilisons ont un sens et une portée. En écoutant certains discours, on pourrait parfois s’interroger sur l’alignement entre la foi professée et les paroles prononcées. Et pourtant, ces mêmes personnes s’étonnent ensuite de la manière de parler de leurs enfants.
Mais les enfants ne font qu’imiter ce qu’ils voient et entendent. Ils apprennent bien plus par l’exemple que par les injonctions.
La Parole de Dieu nous rappelle que nous aurons à rendre compte de chaque parole irréfléchie que nous aurons prononcée. Cette vérité nous invite à la vigilance, mais aussi à la responsabilité. Apprendre à un enfant à prononcer la vie dès son plus jeune âge n’est pas une utopie : c’est une mission possible, lorsque l’on choisit de s’appuyer sur la lumière de la Parole de Dieu.
Je vous le déclare: au jour du Jugement, les hommes auront à rendre compte de toute parole inutile qu’ils auront prononcée. Car c’est d’après tes paroles que tu seras jugé et déclaré soit innocent, soit coupable. ».
[Mathhieu 12.36-37]
En tant que femmes et mères, nous avons le privilège et la responsabilité d’enseigner un langage qui édifie, qui bénit et qui communique la vie. Et tout commence par nos propres paroles.